Gros plan sur les villes en transition & les initiatives de potagers urbains

31 Flares Twitter 2 Facebook 29 31 Flares ×

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant un regroupement de personnes et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) face au pic pétrolier (fin de l’abondance du pétrole) et du dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni.

Aujourd’hui, il y a des centaines d’initiatives de Transition dans une quinzaine de pays réunies dans le réseau de Transition (http://www.transitionnetwork.org). Des initiatives s’organisent dans des communautés à travers le monde entier.

Principe et philosophie de la transition

L’originalité des initiatives de transition tient en plusieurs points :

  • La vision de l’avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des occasions de changer radicalement la société actuelle.
  • Le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c’est cette dernière qui doit porter le changement. L’action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C’est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations, …).
  • Le mouvement s’est développé sur la prise de conscience de notre dépendance énergétique, en particulier vis à vis du pétrole, et vise à anticiper la diminution des ressources naturelles.

Plus concrètement, le fondement de la transition est d’inciter les citoyens d’un territoire (ville, village, commune,  quartier) à prendre conscience de la diminution des ressources pétrolières, de ses conséquences, et de l’urgence de s’y préparer en mettant en place des solutions locales.

On trouve donc une certaine variété de projets dans les différentes expériences de transitions initiées à ce jour. Ces projets peuvent concerner des sujets aussi différents que les transports (covoiturage, auto-partage), l’éducation, la santé, l’énergie (diminution de la facture énergétique), ou encore l’économie (création d’une monnaie locale).

Projets en lien avec l’agriculture urbaine

La question de l’alimentation fait évidemment partie intégrante des projets de la transition : diminuer la pollution, favoriser les circuits-courts, encourager la production et la consommation locale sont autant d’objectifs poursuivi par le mouvement de la Transition. La résilience dans le domaine de l’alimentation passe par une relocalisation et des modifications de la production agricole: « la raréfaction du pétrole va entrainer une augmentation vertigineuse des coûts de transport et notre capacité à produire des fruits et des légumes est une solution envisagée » souligne Hopkins.

Plusieurs projets ont ainsi pour objectif de développer des potagers ruraux ou urbains, individuels ou collectifs (jardins familiaux, jardins communautaires), la plantation d’arbres, le partage de graines, le partage des savoirs et des pratiques pour mener à l’autoproduction au sein de la communauté.

A Totnes en Angleterre par exemple, des habitants ont lancé le «Garden Share Scheme» (http://www.transitiontowntotnes.org): n’ayant pas accès à un terrain pour cultiver ensemble le potager, ils ont entrepris de créer un potager dans le jardin de chaque habitant volontaire. L’idée connaît un véritable succès avec plus de 20 jardiniers.

Concernant les circuits d’alimentation, les projets visent à relocaliser la production et à raccourcir les circuits de distribution. C’est le cas avec la création de marchés de producteurs, d’AMAP ou de coopératives d’achat.

Les pratiques agricoles sont étudiées pour évoluer vers une agriculture plus respectueuse vis-à-vis de l’environnement et moins consommatrice d’hydrocarbures. Enfin, certains projets se tournent vers la mise en place d’une agriculture biologique ou biodynamique.

L’exemple de Toulouse en transition

Au sein de Toulouse en Transition, le groupe jardin alimentaires sur les toits est dirigé par Philippe Antona  «  Il s’agit d’une manière originale de récupérer des espaces urbains inutilisés et stériles que sont les toits plats dans la ville de plus en plus dense et étendue. En plus de fournir une production ultra-locale d’aliments biologiques, ces jardins agrémentent le paysage urbain ».

Ainsi, une soixantaine de membres issus de différentes catégories sociales (retraité, étudiant, chercheurs, employés) se retrouvent deux fois par mois chez Marie Pierre, une adhérente qui possède un toit terrasse en centre ville de Toulouse. Au programme, des ateliers de constructions collectives de bacs et de jardinières. Ensuite vient le jardinage avec la création de semis, la culture potagère avec différentes méthodes de jardinage, puis l’installation des bacs avant de déguster les légumes…

L'équipe jardin potager de Toulouse en transition sur le toit de Marie-Pierre.

L’équipe jardin potager de Toulouse en transition sur le toit de Marie-Pierre.

Futurs projets

« Nous venons de valider le concept issu des urbainculteurs de Montréal : faire pousser des légumes en ville dans des contenants de récupération. » Philippe souhaite maintenant se structurer en association afin d’être reconnu par les organismes publics et solliciter des financements.

En effet, le groupe nourrit un projet ambitieux : s’implanter sur une surface plus importante et dans une zone socialement défavorisée « Là où la population est davantage dans le besoin ».  En s’installant sur le toit d’un logement social ou d’un HLM, la communauté des jardins alimentaires Toulousain aurait ainsi une fonction sociale en plus de la fonction économique.

Organiser des rencontres autour du jardinage entre différentes populations et surtout fournir des légumes ultra-frais sont les objectifs de la future association. Un premier pas vers le désir d’autosuffisance alimentaire…

 

31 Flares Twitter 2 Facebook 29 31 Flares ×

2 réflexions au sujet de « Gros plan sur les villes en transition & les initiatives de potagers urbains »

  1. Bonjour,
    Je découvre avec plaisir votre blog et votre projet. Pour ma part, je viens de lancer seedbomb.net… Nous avons sans doute à travailler ensemble. Qu’en dites-vous? N’hésitez pas à me contacter!
    Rebecca

  2. Ping : Macadam Gardens, la start up! | Rebecca Armstrong

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>